Islamiste et djihadiste: gare aux amalgames !

21 novembre 03:59 2017 Imprimer cet Article

Islamiste et djihadiste: gare aux amalgames !

Il y a moins de dix ans, les partis islamistes, incarnés notamment par les frères musulmans, dominaient la scène politique proche-orientale. Aujourd’hui face au naufrage du monde arabe, de la guerre froide entre les deux puissances régionales, l’Arabie saoudite et l’Iran, beaucoup refusent l’idée qu’ils puissent jouer un rôle démocratique utile.

Les régimes autoritaires tentent de les éradiquer par la violence. Or cette répression indifférenciée est la pire réponse possible. Cela ne peut conduire qu’à plus de ressentiment, plus de désordres, plus de terrorisme. Les groupes islamistes sont divers, depuis les « démocrates musulmans » d’Ennahda en Tunisie jusqu’au Hamas palestinien qui envoie des kamikazes se faire exploser. Ceux qui veulent les éliminer sans distinction commettent trois erreurs. Ils prétendent que tous les islamistes se ressemblent, les jugent antidémocratiques et comptent sur des régimes musclés pour les museler.

Commençons par l’amalgame islamiste=terroriste. Certes les Frères musulmans sont en partie responsables de la confusion, leurs chefs parlant en Occident un langage différent de celui qu’ils tiennent au Proche-Orient. Mais une telle affirmation reste simpliste. Les djihadistes méprisent les islamistes modérés qui se préoccupent de piété, de services sociaux et d’élections. Traiter tous les islamistes de djihadistes, c’est comme affirmer que les sociaux- démocrates sont l’équivalent des Brigades rouges sous prétexte que les deux lisent Marx. Les islamistes sont-ils hostiles à la démocratie ? L’exemple tunisien montre que non. Ennahda a eu l’intelligence de partager le pouvoir avec des formations politiques laïques.

La troisième erreur est de croire que les Etats peuvent remédier aux errements de l’Islam politique en se dotant de monarques absolus à l’exemple de l’Arabie saoudite. L’histoire montre que la répression tous azimuts produit la guerre civile à l’image de l’Egypte sous Moubarek.

L’oppression et la mauvaise gouvernance sont à l’origine de la crise du monde arabe. Pourtant, l’autocratie est une impasse. La seule solution est l’ouverture graduelle des politiques et des économies arabes. Ce qui implique de laisser s’exprimer les idéologies , à condition qu’elles abjurent la violence et respectent les normes démocratiques.

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