Des partis politiques en panne de vision

Des partis politiques en panne de vision
03 août 23:16 2018 Imprimer cet Article

Les partis politiques nous savions presque tout, ils ont un grand déficit idéologique, ils sont en panne d’idées, d’imagination, voire d’intelligence pour certains. Les conceptions les plus contradictoires sont données comme des projets, c’est le vide abyssal.

Mais la politique, comme la nature, a horreur du vide. C’est pourquoi le déficit idéologique est compensé par un bricolage intellectuel réalisé par des détournements de concepts historiques, économiques ou autres. Aujourd’hui, ces partis politiques où sévissent des vétustées aussi régressives qu’arrogantes, sont dans l’incapacité de livrer une vision de ce que peut-être la société algérienne dans les quinze ou vingt ans qui viennent.

Les partis politiques algériens qui devraient apparaître comme le témoin du fonctionnement de la société, situé à l’articulation entre le peuple et le pouvoir, ont lamentablement échoué. Ils sont inaptes à servir d’instruments de socialisation politique. Au plus fort, ils assurent péniblement une participation populaire aux activités publiques.

Des partis de masse comme le FLN et le RND ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Ces deux partis n’ont pas pu remplir la mission première d’un parti politique : trier le personnel politique. Sur ce plan ces deux formations ont fait fort : ils ont remplacé la légitimité politique et historique par la légitimité financière, quant à la légitimité démocratique, elle est renvoyée aux calendes grecques. De nombreuses personnes aux qualités connues et reconnues, ont déserté ces deux formations, elles sont soupçonnées d’être des esprits brillants, porteuses de vision et de projets d’avenir. Le départ forcé de ces compétences politiques ont transformé ses deux partis en coquille vides occupées par des apparatchiks.

Force est de constater que les formations politiques d’aujourd’hui, qui sont largement indifférentes au monde intellectuel,  sont non seulement stériles idéologiquement mais incapables d’écouter les idées nouvelles qui peuvent surgir ici et là. Au sein de chaque parti, les postures l’emportent sur les convictions. Et les batailles se résument souvent à des jeux d’égos.

Les partis doivent comprendre qu’ils n’ont aucune emprise sur cette Algérie qui a un réel désir d’avenir. L’affaiblissement des fonctions remplies par les partis politiques est le symptôme d’une crise de la démocratie représentative. Ils ne retrouveront sans doute leur raison d’être et leur rôle dans la société algérienne qu’en renouant des liens forts avec les citoyens et  avec les nombreuses compétences, ainsi qu’en redevenant des lieux de débats de fond. Cela suppose de nouvelles formes d’organisation, beaucoup plus ouvertes et utilisant pleinement les ressources de la modernité technologique, pour devenir des pourvoyeurs de cadres politiques, de haut niveau, patriotes et crédibles.

Sofia Alkhodja

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