Tunisie: le retour d’anciens de Ben Ali ne choque plus personne

Tunisie: le retour d’anciens de Ben Ali ne choque plus personne
09 septembre 04:26 2017 Imprimer cet Article

Nommé premier ministre il y a tout juste un an, le premier ministre Youssef Chahed, le plus jeune titulaire (41 ans)  du poste depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956, a remodelé son équipe pour donner  « une nouvelle impulsion » à un « gouvernement de combat » chargé de mener, selon ses dires, « la guerre sur quatre fronts : le terrorisme, le corruption, la croissance et les disparités socio-territoriales ». Onze ministres font leur entrée dans un gouvernement qui en compte vingt-huit.

A première vue, ce changement de têtes ne bouleverse pas les équilibres politiques qui prévalent depuis six ans et demi après la révolution. Les « modernistes » de Nidaa Tounès et les islamistes d’Ennahda, les deux principales composantes de la coalition gouvernementale, conservent grosso modo leur quota de ministres.

Le consensus tunisien, cette alliance stratégique scellée début 2015 entre anciens rivaux qui s’étaient si âprement combattus au lendemain de la chute du régime de Ben Ali, va donc continuer de présider aux destinées du pays, en tout cas à court terme. Entre Ennahda et Nidaa Tounès, la méfiance persiste, mais l’hostilité s’est émoussée jetant les bases d’une cohabitation de raison plus que de cœur.

Au moins un sur cinq des membres du gouvernement a occupé un poste ministériel sous Ben Ali ou assumé une fonction dirigeante au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l’ancien parti unique. Sans doute pareille reconversion était-elle inévitable dès lors que Nidaa Tounès, le parti du président , avait déjà récupéré nombre de réseaux « RCDistes » en déshérence sous la bannière du combat des « modernistes » contre le péril islamiste au lendemain de 2011. Le retour d’ex-bénalistes, « ça se banalise, cela ne choque plus personne », grince un analyste. Ce remaniement ministériel intervient à un moment où le premier ministre, Youssef Chahed, dont la popularité dopée par sa campagne anti-corruption fait à l’évidence grincer des dents au Palais de Carthage, sera très encadré. S’il rêve d’émancipation, il devra patienter, ou se montrer discret.

Souaki Talha

 

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