Le quotidien La Tribune ne paraîtra plus: la justice prononce sa liquidation

Le quotidien La Tribune ne paraîtra plus: la justice prononce sa liquidation
07 septembre 10:40 2017 Imprimer cet Article

 Triste nouvelle pour le paysage médiatique, le quotidien francophone, La Tribune, ne paraîtra plus. En effet, le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed près la Cour d’Alger a statué, hier, sur l’affaire et ordonné finalement la dissolution de la SARL Omnium Maghreb Presse (OMP), éditrice du journal, et la désignation d’un liquidateur pour l’entreprise et ce, pour «défaut de paiement», a-t-on appris auprès de Mme Taous Ameyar, représentante des héritiers Ameyar et qui sont, pour information, associés dans la société OMP.
Pour l’épouse de l’un des fondateurs du journal, décédé en 2000, cette décision n’est en fait qu’un «aboutissement» d’une procédure qui a commencé le 20 août dernier. Ce jour là, deux actionnaires de l’entreprise, en l’occurrence Cherif Tifaoui et Djamel Djerad, ont envoyé un huissier de justice pour demander aux salariés de rentrer chez eux. Ils ont été mis en «congé forcé» arguant au passage des «difficultés» administratives et financières. Entre temps, les deux actionnaires ont introduit une action en référé en vue de fermer l’entreprise pour «faillite». Une action que conteste Taous Ameyar, l’actionnaire majoritaire, qui a introduit, elle aussi, une opposition à la requête de ses deux autres associés. «La confrontation a eu lieu hier, mais il semble que la justice semble avoir été sensible aux arguments des deux actionnaires minoritaires qui ont présenté des documents attestant de l’état de santé, peu reluisant, de la société Omnium maghrébin de presse qui éditait le quotidien La Tribune», regrette la famille Ameyar dans un communiqué de presse. Fondé en octobre 1994 par entre autres, Kheireddine Ameyar, Hassan Bachir-Chérif et Baya Gasmi, tous décédés, la Tribune s’est imposé comme un des quotidiens les «plus visibles» de la scène médiatique nationale. Néanmoins, au fil des années, un conflit d’intérêts entre les héritiers Ameyar et l’ancien gérant, Hassan Bachir-Chérif, a fini par «affaiblir» le titre, qui a disparu trois mois seulement après le décès de son dernier directeur en juin dernier
«Suite à la conférence de presse tenue le 15 août dernier, nous avons pris à témoin l’opinion publique sur la situation des héritiers Ameyar et souhaité à ce que le journal ne cesse pas de paraître et de tout faire pour sauvegarder le titre en souvenir de la mémoire de feu Kheireddine Ameyar», lit-on encore dans le communiqué de presse. Après 15 années de procédures «féroces» où, déplorent les héritiers Ameyar, ils n’ont pas été épargnés et ce, dans le seul but de «s’opposer» à leur intégration dans la société au lieu et place de feu Kheireddine, la justice a fini enfin par «nous reconnaître» cette qualité de façon «claire» et «définitive». «C’est à ce moment que les deux actionnaires en question ont décidé de demander au juge du référé la liquidation de la Sarl OMP, éditrice du journal la Tribune. Continuant leur opposition, systématique et obstinée, Tifaoui Chérif et Djerad Djamel nous ont ignorés, ce qui nous a conduits à faire une intervention volontaire dans le but de s’opposer à cette dissolution que rien ne justifiait», explique la veuve Ameyar qui dit avoir pensé «naïvement» que le juge du référé pouvait pour le moins déclarer l’affaire irrecevable, voire déclarer sa juridiction incompétente. Or, c’est le contraire qui s’est produit avec le verdict rendu hier, annonçant la dissolution de La Tribune. «Inutile de vous dire que cette décision nous a anéantis. Ceci est d’autant plus choquant que la loi impose des conditions strictes pour parvenir à cette limite extrême qui fait perdre leurs emplois à des dizaines de travailleurs chargés de famille. Est-ce que le juge du référé, juge du provisoire, qui ne statue que dans l’urgence et qui ne peut examiner les conditions exigées par la loi, peut-il prononcer la dissolution d’une société ?», s’interrogent les héritiers Ameyar. Dans tous les cas de figure, ceux-ci ne baissent pas les bras, et comptent s’en remettre à la cour de justice d’Alger pour statuer encore une fois sur cette affaire.
Zahir.A

 

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