Mohamed Boukhetta ancien haut fonctionnaire de l’éducation nationale et consultant: « exclure un candidat au bac pour une minute de retard est un excès de zèle »

Mohamed Boukhetta ancien haut fonctionnaire de l’éducation nationale et consultant: « exclure un candidat au bac pour une minute de retard est un excès de zèle »
30 juin 11:33 2017 Imprimer cet Article

Une deuxième session du baccalauréat pour les  candidats exclus à cause d’un retard, va avoir lieu, qu’en pensez-vous ?

C’est une décision du président de la République, et à ce titre il faut la saluer et la respecter. Cependant, il faut être très vigilant quant à son organisation.

Comment ?

Il faut toujours garder à l’esprit que l’école est synonyme de discipline et de rigueur. Le retard et le manque de discipline sont un phénomène de société qui n’ont pas épargné l’école.

Sur le plan pédagogique, faire une deuxième session du bac pour les retardataires peut avoir des conséquences négatives pour l’école algérienne . La ministre de l’éducation nationale, qui a fait de l’organisation d’un bac 2017 sans couacs, paye les frais de sa gestion personnelle et contestée d’un secteur aussi stratégique et sensible que l’éducation nationale.

L’autorité du ministère de l’éducation est mise à mal. Le phénomène des retards dans les examens ne doit pas donner lieu à l’émergence de certaines pratiques malsaines. Il s’agit de garantir l’égalité des chances à l’ensemble des candidats. C’est pour cette raison que je préconise que cette session spéciale ait lieu dans les plus brefs délais, au grand maximum avant la fin de la première quinzaine de juillet. Et il faut donner les résultats au même temps que ceux qui ont passé l’examen au mois de juin, c’est très important.

Quelles sont les mesures à prendre pour garantir l’équité entre les candidats ?

D’abord il faut éviter l’ouverture de brèches dans laquelle peuvent s’engouffrer des candidats autres que les retardataires, il faut être très vigilant. Il y a déjà des manœuvres de certaines parties pour permettre aux candidats libres de se présenter à cette session spéciale.

Le ministère de l’éducation , qui est responsable de cette situation, doit prendre des mesures draconiennes pour que seuls les retardataires puissent passer cet examen. Décider de l’organisation d’une session n’est pas la solution idoine.

Quelle est à votre avis cette solution ?

Il faut situer les responsabilités. Le manque de civisme dans notre société n’est pas nouveau, il n’épargne pas l’école. Les retards dans les établissements scolaires ne datent pas d’aujourd’hui. Maintenant la question qu’il faut se poser est la suivante : quel est le but des fonctionnaires de l’éducation nationale qui ont fait preuve d’excès de zèle en excluant des élèves pour une minute ou deux de retard ?

Selon vous le ministère de l’éducation nationale est au banc des accusés ?

Oui complètement. Le département de Nouria Benghebrit, a mis l’Etat dans l’embarras. On pouvait éviter toute cette situation, si la ministre ne continuait  pas à s’entêter dans sa démarche suicidaire et unilatérale. Organiser, une session du baccalauréat pour des retardataires est un mauvais signe, car elle ouvre la voie à toutes les dérives et elle risque d’encourager les retards lors des sessions du bac des prochaines années. Le ministère de l’éducation a failli et ce n’est pas la première fois.

Propos recueillis par Lydia Agoumath

 

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